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<title>Le mâle - chap-10</title>
<description>Le mâle</description>
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<title>Chapitre 10 : Une nervosité extrême</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (clemthom)</author>
<category>13. (Chap. 10) Une nervosité extrême</category>
<pubDate>Thu, 13 Mar 2008 17:33:00 +0100</pubDate>
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&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Lorsque vers cinq heures il reprit le sentier dont les rameaux en fleurs l’avaient charmé, Gab fut dégoûté de lui-même et de l’emploi de sa journée. Il se sentait l’esprit en feu, le corps en proie à une nervosité extrême. Après avoir mangé des mets aux noms bizarres et fort épicés, il s’était, avec Marvejol, lancé dans des discussions sans fin, durant lesquelles confrère Chantaux, congestionné et roulant des yeux de bœuf, s’administrait des théories de petits verres.&lt;/span&gt;&amp;nbsp;&lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana&quot;&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Ce boulot était décidément un bon garçon. Pour ne pas accentuer, Gab l’avait trouvé sympathique à cause de sa nullité même. À chaque riposte qu’il jugeait victorieuse, Gab tournait la tête du côté de Chantaux. Et Chantaux, attentionné et fidèle, lui avait chaque fois donné raison. On avait parlé d’un sujet sans grand intérêt, presque d’un simple fait divers où il était question d’un tueur de bergers. L’enquête ordonnée à cette époque par la Justice et par la Faculté de médecine, avait amené à un diagnostic de folie. Marvejol, contre toute vraisemblance, argumentait contre, soutenant qu’il n’y avait eu dans les actes de l’assassin que la manifestation immédiate de la nature. Gab, au contraire, était persuadé que l’homme était sous le coup de suggestions pathologiques.&lt;/span&gt;&amp;nbsp;&lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana&quot;&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Après deux heures de discussion, on se dit adieu.&lt;/span&gt;&amp;nbsp;&lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana&quot;&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; La pente du sentier fort raide conduisait en peu de temps à l’entrée du bas Meudon, de sorte que Gab fut aux premières maisons sans avoir pu débarrasser sa pensée de la conversation récente.&lt;/span&gt;&amp;nbsp;&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana&quot;&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Alors il redouta le tête-à-tête avec lui-même. Il éprouvait dans les muscles des contractures étranges et, jusqu’aux moindres veines, ses membres lui faisaient mal. Pourquoi ne ferait-il pas une de ces bonnes et longues promenades qui, déjà si souvent, l’avaient sauvé&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&amp;nbsp;&lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana&quot;&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Et il prit, en place de la rue, un passage de travers qui longeait les labours et qui menait aux bois dont on distinguait, à moins d’un kilomètre, les vertes étendues.&lt;/span&gt;&amp;nbsp;&lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana&quot;&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Le soleil avait déjà la douceur des lumières qui vont mourir. Par un curieux mystère le ciel était le limpide reflet de la campagne. De même que Gab marchait entre des arbres roses dont les senteurs le grisaient, là-bas l’astre disparaissait derrière des nuages qui, à l’horizon, semblaient un verger en fleur. Les oiseaux chantaient et l’herbe était remplie d’insectes. Gab retrouva ― car elle montait confusément autour de lui ― cette force et cette gaieté vivaces qu’il avait cru perdues. Partout la nature éclatait de ses germes, c’était la fête immense de la fécondité. Les blés verts tout jeunes ondulaient au vent ainsi que des gestes d’amoureux. Des coquelicots et des bleuets précoces les parsemaient d’étoiles. Plus calmes encore les avoines frémissaient. Un coq chanta au loin. En passant près d’un noisetier dont les feuilles étaient légères, Gab entendit un bruit d’ailes. Il s’approcha ainsi qu’une jeune mère d’un berceau, car il éprouvait pour les bestioles une tendresse délicate. Il entendit pépier, et d’un regard découvrit un nid d’où sortaient quatre petits becs jaunes. Sur le bord du nid il y avait de l’or en poussière. Et Gab, s’étant baissé, reconnut le corps d’un insecte et il songea&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&amp;nbsp;&lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana&quot;&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; L’humanité a des ressemblances, en vérité, avec ces oiseaux. Voilà une comparaison flatteuse. Composée d’inexpérimentés ayant faim de beauté et d’amour, elle choisit, parmi ses meilleurs ou ses plus tendres, le cœur à dévorer. Tel que cet insecte, dont seules subsistaient les élytres, le poète ou le musicien sont sacrifiés à la masse implorante, et meurent d’avoir trop donné leur vie. Sur leur tombeau il reste un peu d’harmonie, un peu de poussière d’or, et, ceux à qui ils se sont offerts chantent leurs douleurs et leurs joies, riches de tout ce dont brillaient les dépouilles…&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://lemale.hautetfort.com/chap-11/&quot;&gt;Suite : chapitre 11&lt;/a&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; 
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