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<title>Le mâle - chap-2</title>
<description>Le mâle</description>
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<title>Chapitre 2 : Départ pour Meudon</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (clemthom)</author>
<category>05. (Chap. 2) Départ pour Meudon</category>
<pubDate>Thu, 13 Mar 2008 17:47:00 +0100</pubDate>
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&lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana&quot;&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Il se décida pour Meudon, après avoir hésité entre Nice et la Sicile. L’important était de quitter la grande ville dont il craignait la fièvre et le sensualisme. Et lorsque huit jours après il prit possession d’une petite maison qui avait vue près des &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://lemale.hautetfort.com/archive/2008/03/14/ruines-de-brimborion.html&quot;&gt;&lt;strong&gt;ruines de Brimborion&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; (l’ancien château de la Pompadour), il se félicita de son choix définitif.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana&quot;&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; D’abord la maison lui plaisait. Elle lui avait été louée par un peintre de ses amis qui s’en amusait l’été pour venir aux environs griffonner des esquisses. Vieille et ridée, avec un toit de briques roses percé d’un grenier où pendait une poulie, l’escalier étroit et les chambres petites, lui avaient produit dès les premiers pas une sensation d’intimité. Et lui qui aimait le luxe jusqu’aux raffinements subtils, était heureux à l’idée de faire lui-même sa cuisine, son lit, son feu, dans des pièces où un siècle en arrière quelque artisan au cœur de prince avait désiré la favorite. Car cela était son caractère. Un baiser le laissait aussi indifférent que le souvenir d’un baiser le transportait. Peu importait même qu’il l’eût reçu ou donné. Le poème des lèvres aux ardeurs évanouies lui était cher à concevoir. Et d’ailleurs il savait le ramener au sien propre.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana&quot;&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Sa vie sentimentale, en effet, consistait à se rappeler des passionnettes enfantines. Sur elles il avait basé ses souvenirs. Cela lui suffisait, joint à l’amour des grimoires. Les dialectiques savantes, les déductions ingénieuses lui plaisaient lorsque, après des heures d’errance, il s’était annihilé dans le passé. Il avait le profond mépris des aventures, où l’on ne rencontre ni fraîcheur de sentiments ni jeunesse de cœur. Son orgueil s’en offensait. Et étant poète, il avait su transformer des idylles de collège en véritables amours passionnées. D’autre part, quoiqu’il fût bon et naturellement faible aux finesses du cœur, il avait des haines inexpliquées, l’horreur du laid et surtout du médiocre. Les pages où il s’était hasardé à chercher le récit d’amour lui avaient paru grossières et malpropres&amp;nbsp;: c’était l’éternel &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://lemale.hautetfort.com/archive/2008/03/14/lovelace.html&quot;&gt;&lt;strong&gt;Lovelace&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; se désabusant petit à petit pour finir galeux, après avoir semé sur sa route le déshonneur et la misère. Le noceur, le fêtard nouveau jeu, ricanant son cynisme pour cacher sa tristesse, ou l’aventure renouvelée de Bernardin de Saint-Pierre &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://lemale.hautetfort.com/archive/2008/03/14/d-un-jeune-homme-tres-beau-et-d-une-fillette-pure-qui-s-ador.html&quot;&gt;&lt;strong&gt;d’un jeune homme très beau et d’une fillette pure qui s’adorèrent&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; parce que leurs parents ne le voulaient pas. Sans y réfléchir jamais, il passait dans l’indifférence de ces pensées ― si peu farouches ― au monde moderne qu’il n’entrevoyait pas.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana&quot;&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Ainsi avec la simplicité voulue de sa conduite, Gab en arrivait à être composé. Avec son culte de la nature il était artificiel&amp;nbsp;; c’est pourquoi, grâce à une interversion de pensée, il prisait son bonheur. Il s’imagina durant quelques semaines être devenu lui le jeune, le riche, l’aristocrate d’esprit, un vieux, un pauvre, un paysan dont tout indiquait la présence dans cette maisonnette de Meudon. Et il songea par avance aux longues marches dans les bois gris, où les pas font craquer les feuilles, où l’on voit au bout des chemins, lors des matins glacés, de vieilles bûcheronnes ployées sous leur fagot…&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://lemale.hautetfort.com/chap-3/&quot;&gt;&lt;strong&gt;Suite : chapitre 3&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; 
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